Une application optionnelle, présentée comme destinée aux tests, a suffi pour prendre la main sur des serveurs Nextcloud.
Ce qui s’est passé#
Nextcloud propose une application, « Collabora Online - Built-in CODE Server » (richdocumentscode), qui télécharge et fait tourner une suite bureautique en ligne directement sur le serveur Nextcloud. Sa fiche la présente comme destinée aux tests locaux, à un usage personnel ou aux petites équipes.
Jusqu’à la version 26.4.302, un script de cette application insérait une partie de l’adresse demandée dans une commande système. Résultat : une simple requête, sans compte, pouvait exécuter des commandes sur le serveur (CVE-2026-110447). L’attaque ne fonctionnait qu’à un moment précis : quand le serveur de documents intégré était arrêté, par exemple après un redémarrage, une mise à jour ou un plantage.
Les premières attaques apparaissent dans les journaux le 10 septembre 2026. Les attaquants ont déposé des web shells en PHP dans le dossier de l’application. Le correctif, la version 26.4.303, est sorti le 11 septembre.
Pourquoi c’est important#
Deux détails rendent ce cas instructif :
- Désactiver l’application ne suffisait pas. Ses fichiers restaient sur le serveur et accessibles. L’éditeur est clair : il faut la mettre à jour ou la supprimer.
- L’exploitation a commencé la veille du correctif. Un serveur mis à jour ensuite n’est plus vulnérable, mais un web shell déposé avant reste en place.
Ce qu’il faut en retenir#
- Chaque extension installée fait partie de la surface d’attaque, même optionnelle, même rarement utilisée. Ce qui ne sert pas se supprime.
- Un composant « pour les tests » n’a rien à faire en production.
- Désactiver n’est pas supprimer. Tant que le code est sur le disque, il peut être appelé.
- Mettre à jour ne nettoie pas. Après une faille exploitée, il faut aussi chercher les traces : ici, des fichiers
shx*.phpdans le dossier de l’application et des requêtes suspectes dans les journaux depuis le 10 septembre.

